25/02/2019

Comment faire face aux changements inéluctables liés à la présence croissante de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies dans le monde du travail ?

L’intelligence artificielle peut se définir comme l’ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l’intelligence humaine (raisonnement, apprentissage…).

Cette croyance que les robots risquent de nous voler notre travail n’est pas récente. Cette crainte est apparue dès le 19ème siècle et sa révolution industrielle et ne s’est, pour l’instant, pas encore réellement produite. De nombreux métiers ont considérablement changés ; d’autres ont vu le jour. Prenons l’exemple d’une usine qui a vu ses employés remplacés par des machines : Ces dernières ne fonctionneraient pas sans ingénieurs, informaticiens, techniciens…

Cette révolution industrielle et plus récemment, numérique, a permis une croissance économique spectaculaire à travers le monde. L’utilisation des ordinateurs a été l’élément déclencheur de cet essor dans de nombreux domaines. L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies n’affectent pas seulement les secteurs informatiques, financiers ou encore industriels. Le droit, la médecine, l’art  sont déjà touchés par cette vague de robotisation.

Bien que les programmes d’intelligence artificielle soient de plus en plus développés, dans différents secteurs tels que l’automobile, la médecine,… ils ne pourront sans doute jamais remplacer l’homme dans certaines tâches.

Imaginons, un robot capable d’analyser en quelques minutes les symptômes d’un patient et d’en retirer un diagnostic précis en quelques secondes. Ce dernier facilitera le travail d’un médecin qui aura plus de temps à consacrer à l’accompagnement du patient.

L’homme doit s’adapter à un nouvel environnement professionnel dans lequel les machines ont un rôle de plus en plus important. Beaucoup de travailleurs doivent se former à de nouvelles technologies.

On se heurte déjà à certaines difficultés, telle que la résistance de certains aux changements, vu leur âge, l’expérience acquise tout au long de leur carrière.  Mais on assiste également à des phénomènes positifs, tels que l’apparition de nouvelles motivation, entre autre chez les personnes avides d’apprendre.

Les réactions humaines sont difficiles à prédire, car liées aux secteurs de travail, aux types de personnalité,…

Certains métiers évolueront, disparaitront ou seront créer mais il est peu probable que l’intelligence artificielle éliminent des secteurs professionnels entiers.

Il convient de voir le futur marché du travail plus comme une coopération humains-robots que comme une réelle concurrence entre eux.

Vers un droit des robots ?

En 2012, la Commission européenne a mis en place SPARC, une initiative public-privé dotée d’un financement total de 2,8 milliards (dont 700 millions d’euros provenant de l’UE), qui vise à développer une stratégie sur la robotique en Europe.

Le 16 février 2017, un rapport contenant les recommandations relatives à un droit civil pour la robotique a été approuvé par le Parlement européen. Ce rapport préconise surtout l’élaboration de nouvelles règles de responsabilité et un statut juridique propre aux robots. Force est de constater l’urgence de ces questions étant donné l’émergence rapide de l’intelligence artificielle (ex : accidents causés par des voitures autonomes, Uber et Tesla).

Le rapport demande à la Commission européenne de créer, à terme, « une personnalité juridique spécifique aux robots, pour qu’au moins les robots autonomes les plus sophistiqués puissent être considérés comme des personnes électroniques responsables de réparer tout dommage causé à un tiers; il serait envisageable de considérer comme une personne électronique tout robot qui prend des décisions autonomes ou qui interagit de manière indépendante avec des tiers ». Si un tel statut est créé, les robots posséderont des droits et des obligations, au même titre que les humains.

Pour finir, l’intelligence artificielle est synonyme de  collecte de données à grande échelle (« Big Data »). Il convient, dès lors, d’être conscient que ces collectes sont indispensables à l’avancée de la robotisation. C’est le prix à payer pour profiter de tous ces progrès techniques, scientifiques, médicaux et sociaux et des nombreux avantages qui en découlent.

En conclusion, la collaboration de l’être humain avec les robots  et l’intelligence artificielle est devenue inéluctable. Nous devons tous apprendre à nous familiariser avec ces nouvelles technologies. Afin de préparer au mieux notre avenir, il est indispensable de créer un cadre juridique clair, associant éthique et pratique.

Écrit par Sophie Everarts de Velp