5/11/2018

Ce n’est pas la première fois que Facebook fait l’objet d’une attention particulière du Parlement européen. Souvenez-vous, le 22 mai 2018, Mark Zuckerberg avait déjà dû s’expliquer au sujet du scandale Cambridge Analytica après la fuite de milliers de données d’utilisateurs du réseau social.

Ce 25 octobre 2018, le Parlement européen a adopté une résolution sur l’exploitation des données des utilisateurs de Facebook suite à ce scandale et les conséquences en matière de protection de données. Le but de cette résolution est de demander un audit complet de la plateforme californienne. D’une part, le Parlement n’est pas satisfait des réponses données par Mark Zuckerberg en mai 2018, et d’autre part, il souhaite analyser l’impact du réseau social au niveau politique.

La crainte principale des députés est celle d’une manipulation des électeurs lors des élections européennes de mai 2019.

En effet, Facebook a déjà eu un rôle extrêmement important lors des élections américaines, et du vote concernant le Brexit.

Les chiffres établis par la commission électorale britannique montrent que les partis politiques du Royaume-Uni ont dépensé 3,2 millions de livres sterling en publicités directement diffusées par Facebook en vue des élections générales de 2017.

Il est évident que les réseaux sociaux constituent pour les partis politiques et les pouvoirs publics une plateforme essentielle de communication avec les citoyens.

De plus, l’analyse des données et les algorithmes exercent une influence grandissante sur les informations rendues accessibles aux citoyens. Ces techniques, lorsqu’elles sont utilisées à mauvais escient, peuvent mettre en péril les droits fondamentaux à l’information ainsi que la liberté et la pluralité des médias.

Le Parlement européen, dans sa résolution, insiste sur la nécessité d’une responsabilité et d’une transparence nettement plus grandes dans le traitement et l’analyse des données par les secteurs privé et public ou tout autre acteur ayant recours à l’analyse de données, cette transparence étant essentielle pour garantir que les citoyens soient dûment informés à propos du traitement de leurs données à caractère personne.

Il estime également qu’à l’ère du numérique, le droit électoral doit être adapté à cette nouvelle réalité, et suggère que les règles électorales traditionnelles («hors ligne»), tels que celles applicables aux communications politiques en période électorale, la transparence des dépenses électorales et des limites auxdites dépenses, le respect des périodes de silence électoral et l’égalité de traitement des candidats devraient également s’appliquer en ligne.

Le Parlement ne vise pas uniquement Facebook mais invite toutes les plateformes en ligne qui fournissent des services publicitaires à des partis politiques et à des campagnes à recruter des experts à même d’apporter des conseils précis aux partis politiques et aux responsables de campagnes sur la transparence et la responsabilité afin d’empêcher que des données à caractère personnel soient utilisées pour cibler les utilisateurs. Il invite aussi ces plateformes en ligne à mettre en place de toute urgence des fonctionnalités renforçant la transparence en matière de publicité politique, et à permettre la consultation et l’évaluation de ces outils par les autorités nationales chargées de l’observation et du contrôle électoraux.

Le Parlement européen estime qu’il est urgent de lutter contre d’éventuelles tentatives de manipulation des élections européennes et de renforcer les règles applicables aux plateformes en ligne en ce qui concerne la restriction des recettes publicitaires des comptes et sites internet qui diffusent de fausses informations.

Ecrit par Sophie Everarts de Velp